lorne

Pascal Lorne, hacker le chômage

Fin 2015, ce serial entrepreneur de la tech a lancé une plateforme dédiée à l’emploi. Plébiscité par les médias, Gojob casse les codes en dépoussiérant et en dédramatisant l’approche du monde du travail.

 

Il a traversé des déserts de doutes, couru des marathons en solitaire, vécu des nuits d’insomnie : Pascal Lorne est de ceux qui ont cette volonté chevillée au corps de faire bouger les lignes. Accro aux sensations fortes, cet entrepreneur multirécidiviste ne jure aujourd’hui que par l’impact de ses actes.
C’est après avoir croisé le chemin du succès qu’il a voulu donner une nouvelle impulsion à sa vie. À 40 ans, Pascal Lorne s’est retrouvé dans la situation luxueuse de pouvoir arrêter de travailler s’il le voulait. Mais ce n’est pas comme ça qu’il a été éduqué. Son appétence entrepreneuriale, il la tient de son père, entrepreneur dans le bâtiment, qui lui a transmis un goût certain pour la construction. Sa mère, à la tête d’une tribu de neuf enfants dont certains ont été adoptés, lui a appris à partager pour mieux redistribuer. Résultat, après six longs mois de réflexion où il s’est enfilé la saison complète de Breaking Bad, cet entrepreneur chevronné a pris la décision de dédier 100  % de son patrimoine aux investissements à impact social. « J’ai délimité mon patrimoine : une maison, une voiture d’occasion, ma femme Sylvie et mes trois enfants en bonne santé. Six mois plus tard, j’ai pris la décision de rejoindre le réseau des 100%ers qui réalise exclusivement des investissements à impact social », confie celui qui rêve de changer le monde. Pour cela, il a lancé fin 2015 Gojob, une plateforme qui pourrait être le futur Blablacar de l’emploi et pas seulement parce que Frédéric Mazzella, fondateur du site de covoiturage, y a investi aux côtés de Jean-Baptiste Rudelle (Critéo) et Pierre Kosciusko-Morizet (PriceMinister).

Rebattre les cartes de l’emploi
Mais Gojob, c’est quoi ? C’est un collectif de Gojobbers anti-chômage qui casse les codes en dépoussiérant et en dédramatisant l’approche du monde du travail. En pratique, cela donne une plateforme ludique qui défend les intérêts des travailleurs zélés qu’elle connecte avec des entreprises audacieuses. De quoi rebattre les cartes de l’emploi et plus particulièrement du marché de l’intérim.

Changer le monde
Devant le succès annoncé et le soutien affiché de la classe politique, Pascal répond : « Je n’ai pas monté une entreprise pour m’en mettre plein les poches. Je l’ai fait pour changer le monde  ». Ce passionné de kitesurf sait de quoi il parle, lui qui a multiplié les plongeons entrepreneuriaux. À 25 ans, il a co-fondé Ismap, précurseur de la cartographie sur le Web au début des années 2000, revendu très rapidement au fondateur de Nokia. Puis, il a remis le couvert en 2003 avec Miyowa, pionnier des applications mobiles de messagerie instantanée, racheté en 2012 soixante millions de dollars par Synchronoss, leader américain de la synchronisation de carnets d’adresses. Dans la foulée, il s’est remis en selle en fondant Let, un réseau social visant à concurrencer Facebook. Trop ambitieux ? « Cela n’a pas marché, cela arrive », répond l’intéressé qui pour se donner les moyens d’y arriver avec GoJob tient quotidiennement un journal de bord où il raconte ses aventures d’entrepreneur social.

https://gojob.com/

PROPOS RECUEILLIS LE 12 DECEMBRE À PARIS, 15:32 HEURE LOCALE



Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre